Le sérieux journal Estado de Sao Paulo publie une chronologie de l’accident de l’Airbus Air France ayant entraîné sa disparition au milieu de l’Atlantique :
- 23 heures : vingt minutes avant l’entrée prévue de l’Airbus dans l’espace aérien du Sénégal, le pilote envoie un message signalant qu’il traverse une zone de fortes turbulences, dans des cumulo-nimbus chargés d’électricité et des vents violents. Les satellites météo attestent que les vents soufflaient à 160 km/h.
- 23 h 10 : les problèmes commencent lorsqu’un message signale la déconnexion du pilote automatique. On ignore si cette opération a été effectuée par l’équipage ou si elle a été provoquée par les systèmes de sécurité. Cette déconnexion intervient, en effet, automatiquement lorsque les ordinateurs détectent une panne grave.
L’équipage a pu vouloir changer de route pour sortir de la zone orageuse, même si c’est très risqué. Un pilote cité par l’Estado précise que le contrôle manuel d’un avion à haute altitude est « extrêmement difficile ». Pourtant, à partir de cet instant, l’Airbus est piloté manuellement.
- 23 h 10 30′, un autre message informe que le « fly-by-wire », autrement dit les commandes électriques de vol qui activent les volets et les ailerons, passe sur le régime « alternate law ». Cette alimentation de secours est actionnée automatiquement en cas de pannes électriques multiples. L’avion conserve alors suffisamment d’électricité pour voler, mais plusieurs systèmes de contrôle de la stabilité de l’appareil sont détériorés. Dans une telle situation, une alarme sonne pour alerter le personnel de cabine.
- 23 h 12 : deux autres messages auraient signalé des pannes dans deux équipements fondamentaux, Adiru (Air Data Inertial Reference Unit) et Isis (Integrated Standby Instruments System). Ces ordinateurs fournissent des informations capitales sur l’altitude, la vitesse et la direction du vol.
- 23 h 13 : de nouveaux messages indiquent des pannes électriques dans l’ordinateur principal (Prim1) et l’auxiliaire (Sec1) de vol.
- 23 h 14 : l’ultime message est envoyé. Il signale : « cabine en vitesse verticale ». C’est l’indice d’une dépressurisation, cause ou conséquence d’une désintégration en vol. La situation est alors irréversible.
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